Un monde à partager
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Soudain un bruit énorme parvint à mes oreilles, sorte de roulement de tambours mortuaires, ou bruit de chars romains avançant sur des chemins pavés de mauvaises intentions.
Je compris qu’il s’agissait de la manifestation des motards en colère, pléonasme me direz-vous car par expérience ils sont toujours en colère, alors comment s’étonner de les entendre faire péter de milles feux serviles leurs machines mortelles, 25% des victimes sur la route sont motards ou cyclomotoristes, le 2 roues motorisés, illusion d’une liberté absolue, motard libre au milieu de la circulation mortifère, où est ta victoire ?
Tu te crois épicurien, en fait tu es un prédateur dont la victime la plus fréquente est toi-même. Alors que tant de préoccupations lourdes de sens traversent notre pays et son peuple, tu flagornes sur ta selle pour montrer que « tu en as » posées dessus, et que tu ne laisseras pas faire, le motif de l’ire et du délire de ce jour est lié à l’obligation de faire passer ton engin funeste au contrôle technique tous les 2 ans.
Je m’inquiète de la santé mentale de ceux qui revendiquent de pouvoir se tuer sans concession mais aussi de tuer les autres, il faudrait vous laisser le champ libre, jouer à remonte file, encore plus vite vers le grand vide….
Ami motard (et j’en ai beaucoup), ne reste pas motus et crane cousu.
Hier je me suis retrouvé au cœur d’une assemblée d’une quarantaine de personnes qui bien que défendant les mêmes convictions et vivant professionnellement dans un environnement commun, n’ont pas l’habitude de retrouver si fréquemment. D’autres avaient prévus de se joindre à eux mais les fortes turbulences de l’actualité sociale les en ont empêché.
Après un démarrage convivial propre à réchauffer le corps et l’esprit, la réunion démarra par un sorte de bilan très synthétique de l’année écoulée avec ses hauts nombreux mais aussi ses bas inéluctables dans toute activité humaine digne de ce nom.
Puis furent présentées à la sagacité du groupe, les actions concrètes engagées en son nom mais aussi dans l’intérêt de nombreuses autres personnes dans différentes institutions du champs des relations sociales de l’Etablissement Professionnel auquel toutes appartiennent. Le niveau Régional étant le plus perceptible pour tous car il conditionne le vécu quotidien et ne manque pas d’impacter durement chacun. Quant au niveau national, il se place sur un registre plus stratégique, et conduit à être appréhendé avec un sens aigu de l’analyse mais surtout de la prospective.
La pause du midi égaya les papilles et les quelques bulles absorbées amenèrent encore davantage de bonne humeur .
Au milieu de la journée avait été présenté un percutant et humoristique diaporama pour rappeler dans un mode plus visuel les éléments marquants de l’année.
Venait en fin de journée une partie plus dynamique puisqu’elle mettait en perspective un véritable débat sur l’implication du groupe dans les mouvements sociaux en cours et à venir, loin de se lancer dans les anathèmes ou les solutions toutes faites, le groupe s’est positionné dans une attitude lucide, sans illusion mais qui voulait respecter une chronologie et une graduation progressive de son engagement, les voix nombreuses qui se sont exprimées avaient bien toutes la même tonalité et la même intensité.
Tout cela je l’écris et le décris pour dire que cette journée fut bien l’une des plus agréables que j’ai vécue depuis très longtemps dans ce genre de circonstances, tous les acteurs ont été bons et la mise en scène excellente, ce n’était ni du théâtre, ni du cinéma, mais bien la vie de lutte de gens ordinaires qui se battent à leur manière pour rendre notre monde plus juste et plus humain de façon durable.
Je viens de vivre une journée très bizarre comme il s'en produit sans doute souvent pour chacun. On pourrait presque dire que ce fut une journée pleine de vide.
D'abord le matin, j'ai pris un train très tôt car en raison d'un mouvement social certains trains sont supprimés et les autres sont complets. Fort logiquement je suis arrivée également très tôt, beaucoup trop tôt pour la réunion à laquelle je me rendais et qu'on m'avait présentée comme suffisamment importante pour que je fasse cet effort.
Qu'à cela ne tienne, je me suis offert un petit déjeuner complet dans une brasserie, plaisir rare pour moi qui ai tendance à ne déjeuner que le weekend. Petit moment privilégié, tartine savoureuse et café fort.
Je me suis ensuite rendue à ma réunion pour découvrir que certains participants avaient complétement oublié le rendez vous tandis que les présents n'avaient que peu à dire, bien qu'ils soient pourtant censés pouvoir beaucoup pour faire évoluer la situation de milliers de salariés. Pour autant, la réunion s'est éternisée et il m'a fallu courir pour me rendre au rendez vous suivant, sorte de déjeuner de travail avec un parfait inconnu visiblement content de lui. Difficile dans ses conditions d'apprécier le plat du jour mais bon !
Troisième rendez vous de la journée : une conférence téléphonée qui s'est révélée plus intéressante que le début de la journée ne pouvait le laisser présager.
Débriefing ensuite, puis expédition de tâches courantes avant de repartir pour le dernier rendez vous de la journée : une rencontre avec des représentants d'associations. Beaucoup de discours creux, peu de concret.
En bref une drôle de journée au cours de laquelle je me suis demandée souvent si j'avais bien fait de me lever si tôt.
Heureusement j'ai eu le plaisir d'échanger quelques mots avec l'ami si cher à mon coeur avant de prendre mon train. Quoique un peu morose, il m'a redonné un peu de punch pour le retour.
Ah si une consolation, au retour je n'ai pas payé mon billet de train.
Je crois que demain je vais prendre une journée de repos....
C’est le grand vide, la foule laborieuse et révoltée a quitté le pavé, et le vent a pris sa place dans les rues jonchées des détritus de la vie urbaine, je suis rentré dans mes quatre murs, bien à l’abri de tous les regards et de toutes les tentations.
Après avoir épongé l’interminable logorrhée de mes courriels, je suis parti en voyage sur les terres espagnoles en suivant sur mon écran compagnon l’évolution des joueurs de deux équipes mythiques de l’Europe du football, et j’ai retrouvé la foule enthousiaste, heureuse de voir les siens évoluer comme des poissons dans l’eau, ne laissant à l’adversaire que le rôle certes essentiel de faire valoir, emporté par ces deux heures de spectacle j’ai cru oublier que j’étais encore seul ce soir…. Et puis j’ai su à nouveau que ce n’était pas vrai.
Week end prolongé, les trains ne passent plus, l’œil droit sur ton ordinateur, tu auscultes mollement le site de la SNCF, mais ton œil gauche me regarde empli de bonheur, quelques heures gagnées sur la sempiternelle séparation du dimanche soir, une nuit de plus, un matin à trainer, à écouter de la musique, même si l’électro ça ne te branche pas des masses .
Peut-être que ce soir nous irons au restaurant ensemble, tous ensemble, tous ensemble. Et non car un train est annoncé pour rejoindre la Capitale, première étape indispensable à ton périple vers la Flandre Romane où ton « kien » t’attend derrière la porte de l'appartement.
Sur le quai en partie ensoleillé, la température est très douce, et le train, hélas, est pratiquement à l’heure, et là où on attendait l’émeute et le surbooking, force est de constater qu’il est loin d’être complet, je te distingue à travers la vitre, tu t’es assise et apparemment tu n’as personne à côté de toi, tu vas pouvoir un peu te reposer, toi qui est si fatiguée, et qui m’a avoué depuis la première fois que je te connais que tu avais besoin de vacances, toi qui les met de côté dans un compte épargne temps (tant devrais-je dire), hypothétique libération anticipée dans un futur départ à la retraite sans cesse repoussé par les réformes en cours.
Les vacances, un univers que tu dois apprendre à apprivoiser avec moi, le moment des complicités, des voyages, des rencontres, celui aussi du farniente, sans téléphone, sans mails, sans courrier, mais si propice à la réflexion, à la méditation, à l’amitié et surtout à l’amour.
Pendant que j’écris ces lignes j’espère que tu es arrivée en terre promise et je te dis à tout de suite alors……
Vous le dites